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Mieux communiquer entre soignants : un enjeu majeur de sécurité, Dr Cros

Mieux communiquer entre soignants : un enjeu majeur de sécurité, Dr Cros

Publié le : 15/01/2019 11:37:16

« Si la tension baisse, fais de l’éphédrine ! » « Prépare la nad ! » « Il faut opérer le coude aux urgences ! »

Ces phrases, vous les avez peut-être déjà prononcées lors de soins ou de séances de simulation ; pourtant, elles peuvent être à l’origine de malentendus, et même parfois d’accidents. A quel moment doit-on considérer que la tension a baissé ? Faut-il préparer l’éphédrine ou bien l’injecter ? Dans quelle quantité ? L’acronyme « Nad » est-il utilisé dans tous les établissements de santé ? Et s’il y avait plusieurs « coudes » à opérer aux urgences ?

Selon un article paru en 2011 dans les Annales Françaises d'Anesthésie-Réanimation : il est considéré à ce jour que 21 % à 65 % des accidents et erreurs de prise en charge des patients durant la phase périopératoire sont liés à des problèmes de communication.

Jérôme Cros est anesthésiste réanimateur, formateur en simulation médicale, et membre d’un groupe de réflexion sur le facteur humain en santé. Dans son livre « Mieux communiquer entre soignants : un enjeu majeur de sécurité », il propose des règles claires, simples et précises pour améliorer la qualité des échanges : « Cadrer le message », « Tout ce qui est quantifiable doit être quantifié », « Tout verbe doit décrire une action ou un état précis »…

L’auteur se base sur sa propre expérience, mais aussi sur l’histoire de la sécurité aérienne : l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a déjà théorisé et appliqué des règles de « phraséologie ». Elles permettent de codifier les échanges entre pilotes ou avec le contrôle aérien pour éviter des accidents. Jérôme Cros pose aujourd’hui la première pierre de la « phraséologie médicale ».

Cette nouvelle logique n’est pas uniquement basée sur la parole : elle implique aussi une prise en compte de la communication non verbale : le langage corporel ou le ton employé sont aussi des facteurs clés pour une bonne transmission des messages et pour la sécurité du soin.

Tous ces éléments sont au centre des débriefings qui concluent les séances de simulation. En effet, la simulation haute fidélité ne représente pas qu’un outil technique : elle permet d’évaluer les compétences non techniques et d’observer l’attitude des soignants, pour améliorer la cohésion des équipes et leur efficacité. Après une séance de simulation, les échanges entre formateurs et participants portent régulièrement sur les comportements qui ont conduit aux prises de décisions, et le déterminant de l’action est très souvent lié à la communication.

Dans ce cadre, « Mieux communiquer entre soignants : un enjeu majeur de sécurité » représente un fil conducteur efficace pour guider et animer les séances de simulation. Ses règles n’ont pour la plupart pas fait leurs preuves par l’evidence based medecine ; elles sont donc critiquables, modifiables, et adaptables. Mais leur objectif reste néanmoins de susciter des modifications de pratiques et une véritable réflexion des soignants sur le « parler médical ».

Article rédigé par François Clapeau.

Crédits photo : Brigitte Azzopard

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